La Toscane ne propose pas une route des vins mais plusieurs, chacune organisée autour d’une appellation phare et d’un paysage bien distinct. Entre les collines du Chianti, la côte des Étrusques et les terres de Montalcino, le vignoble toscan se découvre par appellation plutôt que d’un seul tenant, avec des ambiances qui changent radicalement d’une route à l’autre.
C’est justement cette diversité qui rend l’exercice un peu difficile à planifier : faut-il privilégier le Chianti Classico, filer vers la mer à Bolgheri, ou pousser jusqu’à Montalcino pour le Brunello ? Ce guide détaille chaque itinéraire avec ses distances, ses étapes et ses domaines, pour construire un parcours qui correspond au temps dont on dispose.
La route des vins de Toscane, mode d’emploi
Le vignoble toscan s’étend de Florence à la Maremme, avec plusieurs zones de production qui ont chacune leur DOCG. Il n’existe donc pas une route des vins toscane unique et balisée comme en Alsace, mais un ensemble d’itinéraires qu’on choisit selon ses envies et le temps disponible.
Notre équipe italienne recommande de compter 2 à 4 jours par route pour vraiment prendre le temps de visiter les villages, faire une halte dans un domaine et goûter les vins locaux sans se presser. La voiture reste indispensable : les routes départementales qui serpentent entre les vignes ne sont pas desservies par les transports en commun, et c’est justement au fil de ces petites routes qu’on découvre les plus beaux points de vue sur les collines toscanes. Certaines routes des vins de Toscane peuvent se combiner sur un séjour d’une semaine, d’autres se suffisent à elles-mêmes pour un week-end prolongé.
Pour la dégustation de vin, la plupart des domaines toscans fonctionnent désormais sur réservation, avec possibilité de réserver en ligne, confirmation instantanée et annulation gratuite sur la majorité des expériences, ce qui simplifie beaucoup l’organisation d’un road trip sur plusieurs jours.
Dernier conseil : comme tout se parcourt en voiture et souvent hors des grands axes, prévoyez une connexion mobile pour la navigation et les réservations de dernière minute.
La route du vin du Chianti classico

C’est la route des vins du Chianti la plus fréquentée, et sans doute la plus emblématique de Toscane. Elle relie Florence à Sienne sur la SS222, aussi appelée « Chiantigiana », et traverse le cœur du Chianti Classico, une des huit sous-régions du vaste territoire du Chianti qui s’étend sur plus de 160 km du nord au sud. Comptez 2 à 3 jours pour la parcourir sereinement.
De Florence à Greve in Chianti
Depuis Florence, il faut environ 50 minutes de route par la SS222 pour rejoindre Greve in Chianti, berceau historique du vin toscan dès la Renaissance. Le village vaut une halte pour son marché du samedi matin et ses restaurants, avant une dégustation dans les environs.
Sur la route, on traverse aussi San Casciano in Val di Pesa et Montespertoli, deux communes moins connues mais bien ancrées dans la production de Chianti Classico. C’est un bon premier arrêt si l’on quitte Florence en fin de matinée, avant d’attaquer la partie la plus escarpée de la Chiantigiana.
Radda, Gaiole et Castellina in Chianti

De Greve, la route des vins continue vers Radda in Chianti, à environ 18 km, un village perché habité depuis le 9e siècle et resté fidèle à son cachet médiéval avec son château bien conservé. Les vignes y comptent parmi les plus hautes de l’appellation, ce qui donne des Chianti Classico plus tendus, plus frais, souvent plus longs à s’ouvrir que ceux produits plus bas dans la vallée.
Gaiole in Chianti, un peu plus à l’est, complète ce triangle historique avec ses domaines familiaux et son ambiance plus rurale, moins touristique que Greve ou Radda. C’est là que se trouve le Castello di Brolio, propriété de la famille Barone Ricasoli : c’est dans cette maison qu’a été formalisée au 19e siècle la recette du Chianti telle qu’on la connaît aujourd’hui. Une étape difficile à ignorer pour qui veut comprendre l’appellation plutôt que simplement la boire.
Entre Greve et Panzano, plusieurs domaines à taille humaine permettent de goûter le sangiovese — cépage roi du Chianti — dans un cadre plus intime, loin de l’affluence des grandes propriétés.
Dernière étape du jour, Castellina in Chianti mérite une nuit sur place : forteresse du 14e siècle, tunnels piétons souterrains et centre historique d’origine étrusque en font un point de chute idéal avant de continuer vers Sienne.
La route des vins des Étrusques (côte de Bolgheri)

Direction la mer pour cette deuxième route, la côte des Étrusques, qui longe le littoral au sud de Livourne. Le vignoble de Bolgheri en est le cœur : ce petit village fortifié, accessible par une allée de cyprès devenue iconique, a fait la réputation internationale des vins rouges toscans les plus prestigieux. Comptez une journée pour Bolgheri et ses environs.
C’est ici qu’est né le Sassicaia, un des premiers « Super Toscans » et sans doute le vin le plus connu de cette zone, longtemps produit hors des DOCG traditionnelles. La côte des Étrusques cultive aussi le cabernet sauvignon et le merlot en plus du sangiovese, avec un terroir plus proche de la mer qui donne des vins riches et structurés, très différents des vins du Chianti.
L’influence maritime change tout : nuits plus douces, maturation plus lente, tanins plus souples. C’est la route à privilégier si l’on préfère les assemblages bordelais aux sangiovese stricts du Chianti, ou si l’on voyage en été et qu’on veut combiner vignoble et littoral.
La route des vins de Maremme

Plus au sud, les vignobles de la Maremme offrent le visage le plus sauvage du vignoble régional : collines plus larges, villages moins fréquentés, tarifs plus doux qu’en Chianti. C’est la route à retenir pour qui veut éviter les circuits balisés.
Le point de départ naturel est Grosseto, d’où l’on rayonne vers les appellations Maremma Toscana et Morellino di Scansano, le rouge emblématique du secteur, souple et accessible dès sa jeunesse. À l’intérieur des terres, les domaines s’organisent autour de Roccastrada et de Scansano, dans un paysage de collines boisées qui n’a plus rien des cyprès du Chianti.
Autre option pour prolonger : les chemins autour du Monte Amiata, où l’on déguste le Montecucco, appellation encore confidentielle produite sur les contreforts volcaniques. Comptez une à deux journées selon que l’on descend jusqu’à la côte ou non.
La route du Brunello di Montalcino

Montalcino se trouve à moins d’une heure de route au sud de Sienne et concentre l’un des vins rouges les plus réputés d’Italie : le Brunello, issu à 100 % de sangiovese et soumis à un long vieillissement obligatoire. La ville elle-même, perchée sur sa colline avec sa forteresse médiévale, mérite une balade avant d’aller à la rencontre des domaines alentour — on détaille les incontournables dans notre guide pour visiter Montalcino.
Cette route se prête bien à une journée complète, entre balade dans le village, visite de cave et dégustation. L’appellation se lit mieux quand on compare plusieurs domaines sur une même journée : les versants nord et sud de la colline donnent des vins très différents, les premiers plus frais et floraux, les seconds plus solaires et charpentés. C’est tout l’intérêt de réserver deux visites de domaines à Montalcino plutôt qu’une seule.
Pensez aussi au Moscadello di Montalcino, vin blanc doux produit sur les mêmes terres et longtemps plus célèbre que le Brunello lui-même. Faites une halte pour déguster les spécialités locales, et notamment le Pecorino de Pienza, le fromage toscan par excellence. Cette route se combine naturellement avec une journée dans le Val d’Orcia, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La route de Montepulciano et Val di Chiana
Dernière route incontournable, celle qui mène à Montepulciano, à l’est de Montalcino, dans le Val di Chiana. Le Vino Nobile di Montepulciano, autre DOCG majeure de Toscane, se déguste directement dans les caves creusées sous la vieille ville — un vrai atout pour qui aime associer patrimoine et dégustation. Notre guide pour visiter Montepulciano détaille le parcours dans le centre historique.
Aux portes de la ville, les domaines se répartissent entre approches naturelles et maisons familiales installées depuis plusieurs générations, avec des dégustations souvent moins formelles qu’à Montalcino. On y ajoute volontiers une halte à Pienza, joyau architectural de la Renaissance à quelques minutes de route.
À une trentaine de minutes de là, San Gimignano vaut le détour pour ses tours médiévales et surtout pour la Vernaccia di San Gimignano, seule appellation blanche DOCG de Toscane, un vin sec et minéral qui tranche avec les rouges qui dominent partout ailleurs dans la région. Cortona, plus à l’est dans le Val di Chiana, complète agréablement cette route pour ceux qui ont un jour supplémentaire : on en parle plus en détail dans notre guide pour visiter Cortona.
Bon à savoir avant de faire une route des vins en Toscane
Quelle route des vins choisir pour un premier séjour en Toscane ?
Le Chianti Classico, sans hésiter. C’est la route la mieux équipée en domaines ouverts à la visite, la plus facile d’accès depuis Florence, et celle qui condense le mieux l’image que l’on se fait de la Toscane. Les autres routes prennent tout leur sens sur un deuxième ou troisième voyage, quand on cherche un style de vin précis.
Quel est le meilleur moment pour faire la route des vins de Toscane ?
Septembre, pendant les vendanges, ou juste avant pour voir les vignes s’incliner sous le poids des raisins sangiovese en cours de maturation. C’est aussi le mois des fêtes locales célébrant les vendanges, comme le Vino al Vino, qui se tient la troisième semaine de septembre à Panzano. Mai et juin sont une bonne alternative : paysages verts, températures douces et domaines moins saturés.
Combien de temps faut-il pour faire la route des vins de Toscane ?
Comptez 2 à 4 jours par route. Un week-end prolongé suffit pour le Chianti Classico seul ; une semaine permet d’en combiner deux ou trois, par exemple Chianti Classico + Montalcino + Montepulciano, qui s’enchaînent géographiquement.
Faut-il réserver ses dégustations à l’avance ?
Oui, la quasi-totalité des domaines toscans fonctionne sur réservation, et les créneaux partent vite entre mai et octobre. La réservation en ligne avec confirmation instantanée et annulation gratuite permet de bloquer les domaines les plus demandés tout en gardant de la souplesse sur l’itinéraire.
Créatrice de contenus vin et voyage chez Winalist, Charlotte explore depuis des années les régions viticoles européennes et raconte les histoires des hommes et des femmes derrière chaque bouteille. Partagée entre la France et les Pays-Bas, elle apporte un regard international à l'œnotourisme.



