Les trésors du tourisme viticole : les spécificités de chaque terroir

Les trésors du tourisme viticole : les spécificités de chaque terroir

Le tourisme viticole est une activité en pleine explosion depuis sa création au tournant des années 2000. Bien que les visites de caves et de domaines soient disponibles depuis bien plus longtemps, ces dernières concernaient principalement de petits groupes d’œnologues confirmés, presque toujours français. Une grande part de ceux-ci profitaient de ces visites pour dialoguer avec le viticulteur et envisager l’achat de caisses de vin avant que ce dernier ne soit fabriqué (ce que l’on appelle l’achat en primeurs). Pourquoi ces visites restaient l’apanage de petits groupes de connaisseurs ? Parce que la vente en primeur, procédé originaire de Bordeaux, ne concernaient au départ que les grands châteaux, dont le prix du vin était en relation directe avec la grande notoriété du domaine.


Tourisme viticole bordelais : là où tout a démarré


Du fait de la grande notoriété des châteaux bordelais à l’international, c’est principalement autour du vin bordelais que s’est organisé la première vague de développement de l’œnotourisme. Le tourisme viticole comme une activité de loisir à part entière se développe donc en parallèle d’un procédé commercial de vente du vin à des amateurs particulièrement bien informés. Le tourisme étranger prend son essor dans la région, car les châteaux bordelais sont également très réputés à l’international.

L’autre région qui initie le tourisme viticole, avec dès le début une forte présence de visiteurs étranger est bien entendu la Champagne. Avec des caves de renommée internationale et une présence marketing très importante, notamment en Asie, la Champagne tire son épingle du jeu en proposant un œnotourisme luxueux et des visites de caves centrées sur la perception haut de gamme des produits que demandent les clients.


Encore aujourd’hui, ces deux régions apparaissent comme les plus attrayantes pour les œnotourismes, avec une captation totale pour les deux régions qui dépasse les 35% (chiffre de 2018 données par une étude ATOUT France). On voit venir juste après le tourisme viticole alsacien, qui affiche une part de marché de 17% de l’œnotourisme français. Il est important de noter que l’Alsace, contrairement aux deux régions citées plus haut, profite d’une notoriété plus grande auprès du public français. Les vignerons alsaciens profitent depuis plus longtemps que les autres d’un engouement important des population locales pour les activités liées à la vigne. Une partie du tourisme régional s’est donc naturellement organisé autour des dégustations et des ballades à travers les vignobles, une communication qui fut très efficace auprès des visiteurs français.


Tourisme viticole en France : spécificités par terroir

Comme nous l’avons vu les origines du tourisme viticole sont assez différencié selon les régions. Grâce à une communication intelligente depuis les années 2000, l’activité est en plein essor et les chiffres sont impressionnants. En 7 ans (entre 2009 et 2016), l’activité croit de plus de 30%, notamment du fait des étrangers qui sont de plus en plus attirés par la visite de vignoble français.


Chaque région conserve cependant des spécificités. Les vignobles bordelais et champenois attirent toujours une part importante de touristes fortunés, qui profitent de leur visite pour commander des caisses de vin directement au producteur. Le tourisme viticole en Alsace reste très important pour les habitants de l’est et pour le reste des français. Le tourisme viticole en bourgogne tend à se rapprocher du modèle bordelais et champenois, avec une visibilité accrue des très grandes maisons, la réputation des grands vins bourguignons commence en effet à se démarquer à l’international. Le tourisme viticole champenois risque donc de devoir partager ses visiteurs.


Il est très intéressant de noter que l’œnotourisme se développe énormément grâce aux étrangers, qui représentent une part toujours plus importante des parts de marchés. Une part estimée à 49% en 2016, il est acquis que leur nombre dépasse légèrement le nombre de touristes français depuis les deux dernières années. Les paniers moyens de chaque œnotouriste selon les régions reste très différencié, mais ceci fera l’objet d’un autre article.